Affichage des articles dont le libellé est passages obligés et autres extrémités. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est passages obligés et autres extrémités. Afficher tous les articles

dimanche 29 juillet 2007

horizons las

Non je ne me réveillerai pas - La fatigue du jour précédent sur l’euphorie de celui qui vient – on gratte à la porte mais non je ne me réveillerai pas – le jour que l’on entend de loin – peut importe les ombres qui grouillent sur les murs encore verts des premières lumières - qui s’approche aveugle par l’envers du chemin - je me tend puis retombe – et qui vous tient – à la blancheur du lit - vous retient – aux draps lourds – aux bras de la nuit – du sommeil qui s’effondre - vous lie les poings – silence - alors vient – de l’autre côté de la ville on part - vient – ici on tente de soutenir ces regards - le sommeil léger sur les portes closes – les rideaux chassés par le ciel - léger, léger – sur le réveil des départs précipités - le sommeil qu’ on ne parvient pas à dissiper – on court – qui nous innonde - sans relâche – puis nous laisse

mercredi 20 juin 2007

Rencontre

Il ne s’était pas arrêté de parler, d’assez longues promesses et pensées alanguies pour faire le tour de son doigt raidi. Il ne lui lachait pas la main. Alors il compris que les moments sacrés se résument en trois fois rien : les clous polis et chauffés sur le dossier d’une chaise déplacée, les petites illusions de la spectatrice qui attend que l’on passe la dernière marche de l’escalier, sur le seuil de la porte la stature de deux Géants de santal et de fer blanc qu’il est interdit de toucher, et enfin les petites saveurs de l’enfance qui traînent au bas de leurs jupons sur le pavé mouillé. Ils sont arrivé là, les jeunes mariés, bercés des illusions que celle qui de loin les observe tenait pour convictions. Enfance et rémanence des contes au moment où le héros au bras de sa sœur danse sur la branche qui borde le ravin. Une alliance pour les uns, et pour les autres, les cartes en main. Les rouages métaliques du romantisme et les passions immobiles des pantins trainant les trottoirs, comme quelqu’un qui vous regarde de la fenêtre des maisons vides. Silence, on barvarde et on pense…puis on s’arrête là, au coin de la rue où il la rencontra, au moment où il ne fit qu’un pas comme on ferme derrière soi le cycle de l’enfance que l’on croyait avoir quitté il y a longtemps.

samedi 12 mai 2007

Mu(t)ique

Attendre que les ombres s’allongent sur nos paupières closes. Attendre d’être seul et silencieux, à la surface du feu. Ignorant, seul, innocent. Puis commencer à écrire seulement. La paume contre le blanc, les doigts pris dans les fibres du papier, l’encre dans la voix. Mutique…
…Musique. Trois pas en avant sur leurs silhouettes déguingandées par la fin du jour. Certains jouent à se battre contre l’attente des autres, contre des visages que la lumière dévore sans affres, sans traces, et sans détour - et l’impatience qui se charge du reste. Rêver que notre marche nous mène par-dessus bord. Et grisé par les regards anecdotiques, les retrouvailles d’un soir sur les adieux de la semaine passée, sur l’insignifiance radieuse des lieux, continuer d’avancer. Nous voilà tous sur ce bateau qui fixe sa ligne molle à la surface des flots – immobilefull-moon - contre les néons blêmes et le reflet des trottoirs de la ville abandonnée par l’observation des oublieux d’un soir, prêts à danser alors que déjà l’orage soulève les vagues.
L’attente, enfin - qui a défaut d’avoir un but a au moins une fin - découvre les visages, lisses, fermés et pourtant curieux de ceux qui passent et viennent, les mêmes, muets. Et puis il y a ce couple qui rôde, arrivés les derniers et n’ayant même pas défait leur veste qu’à grands coups de flash déjà il rabottent le plancher de ceux qui se cachent pour danser. Je suis les suiveurs qui vous épient dans les fumées, dans la paresse, dans la sueur qui supplie le verre des fenêtres, dans le silence des horizons et de la parole blanchie par les pensées trop amples. Danser pour prendre le temps de ne pas penser, effacer la trace de tous ceux qui nous ont devancés, précédés, doublés et puis parfois aussi s’amuser à compter, à compter avec le silence des petits bâtons tracés sur le papier…
…Un deux trois jours plus tôt, déchirer l’enveloppe en trois morceaux, le temps d’attendre que la musique sonne, le temps d’attendre et de comprendre que je suis ici l’immobile que j’étais là-bas face au retour de ta voix.

mardi 8 mai 2007

Deux jours trop tard


Place de la Bastille - matin du 8 mai
Grasse matinée. Sommeil profité, consommé, sucé jusqu’à la lie et réveil inéluctable sur le ciel vide. Jour de congé. Avant de sortir du lit vers la longue matinée qui s’allonge sur nos bras, s’étirer et repousser d’un geste qui n’en finit pas l’embarras d’une journée à commémorer - celle qui vrille à l’envers des vitres brisées et des murs burinés au mortier. Sourire à l’oubli des dates, rajouter une louche dans la gamelle du chien dont la docilité - les jours chômés, les jours mérités - nous apparaît sagesse. Sourire de ce juste retour des choses, sourire aux jours apaisés d’un printemps pareil à ceux qui nous éloignent d’année en année de l’automne du siècle, du crépuscule des dieux, de l’arrivée des idôles qui frappent à nos portes. Figé un sourire rance et s’imprégner des horizons suffoqué par la «Victoire du mérite». Sortir de chez soi un 8 mai, sans savoir où aller (ailleurs les fanfares peut-être…). Puis partir, à pied et oublier le sens que la marche, un jour, un temps (il a suffit d’une fois) nous a indiqué. Descendre les boulevards déserts en desserrant la ceinture. Bastille, « tranquille » en espadrille sur l’ombre encore féroce des boucliers qui s’y sont dressés. Les bras ballants, renoncer à chercher la force vive et descendre, encore, en desserrant, en délestant, en décharnant, en jouant le jeu de la confiance, de la conscience tranquille. Perdre la notion du temps. Se voir dans l’histoire comme dans un miroir dont il faudrait hurler le nom : « Maintenant ! ». Sourire de toutes ses dents pour dominer la peur des absents. Dormir encore sur le souffle des heures chaudes que l’on a traînées jusqu’ici, sur le rythme des journées passées. Marcher en travers des rues vides, couper la route aux passants de demain, aux offensés d’hier, et contempler son reflet dans le verre intact de vitrines opaques. Savourer la tranquilité d’un jour à commémorer, sourire au désastre de la vieille et s’enivrer des remous lent du temps qui recule en nous regardant. S’étonner en se disant que nous sommes seulement deux jours trop tard.

dimanche 6 mai 2007

Le désir des immobiles -



Nous avions attendu. Une femme est passé, a posé son vélo pour se délivrer d’un sourire offert à tous ceux qui voulaient bien la regarder pour sourire en retour, à l’annonce de son mariage prochain. Sur les toile cirées, le vent d’un printemps déjà sec en avance sur l’été. Baisser le store, poser encore et dans un nombre toujours plus important même les verres, à pieds, teintés, retournés que l’heure et son climat exigent. Pause.
Nous attendions dans l’ombre charmante de nos habitudes, là où même le visage des passants nous est familier, là où l’on croit connaître ce qui reste innommé, là où les déjà-vus, déjà-dits réveillent justement notre curiosité. Nous attendions dans un monde complet, paisible, satisfait et que l’ignorance du reste rendait invincible. C’est alors qu’il s’est assis, lui. Il a posé sur notre table un chapeau sombre et rigide qui le faisait mentir sur sa véritable taille. Il s’est serré dans sa veste déjà petite, menu et presque invisible au manège à grimaces et à grands gestes des habitués ; le crâne nu, à ciel ouvert sur ses histoires de plaines, de goulags, de Kamtchatka et de neiges qui n’en finissent pas … L’étranger, tout petit, s’est arrêté pour nous raconter le périple des exilés, de ceux qui ne sont jamais mariés. Voyage ironique qui réjouit, qui enivre, qui hante et nous fait rêver les chaises retournées sur les tables de l’accoutumance.

mardi 1 mai 2007

Métamorphose


Hissées sur des talons, la pointe des pieds gonflée par l’orgueil qui porte au loin le regard, contre la lumière brûlante. De face, la silhouette haletante, je crois que je marche, je rêve que j’avance et ne fait que l’écouter, elle, parler, tout en me tortillant les poignés. Allonger le pas. Et les yeux plissés de soleil ne regarder que devant soi pour se sentir grandir dans le silence de la ville que la journée finissante a déjà longuement possédée.

Il paraît que de cette pièce on ne peut sortir, qu’elle est semblable à tous ces endroits que l’on aperçoit au dernier étage des immeubles, que l’on regarde d’en bas et que les enfants n’ayant plus que faire de la longue ficelle dorée avec laquelle ils jouaient, nous montrent du doigt. Et si c’était ici que l’histoire s’arrête. On referme les vieux pianos et on rêve, on rêve que ce n’est plus le poids des mots, des questions sans sujets, des pierres de l’héritage paternel (et fraternel) que l’on porte sur les bras mais bien le petit enfant dont le hasard nous a confié la garde et auquel on raconte l’histoire pour lui faire oublier l’envie de dévaler les escaliers. Il paraît que dans cette pièce, là haut, il est un homme qui nettoie de grandes vitrines fumées par le vécu de ceux qui y furent invités. Il paraît que derrière les miroirs et le verre reposent de petites pierres sur lesquels la flamme d’une bougie inscrit le destin de chacun, mais que sur cette flamme la parole est un souffle ravageur, sauvage qui dévore les récits qu’elle détient…
Plus rien.

Elle aurait pu passer son chemin mais, ma dame, s’installe à nouveau à l’ombre des nuques qui frissonnent et des plateaux sur lesquels les verres tonnent. Royale, elle tourne la tête d’un bout à l’autre de la terrasse et de son ombre longue sur le soleil du soir, puis elle pose en défi son regard sur le silence magistral des projecteurs qui bourdonnent encore dans le cœur de celle qui vous parle. Chaleur, nuit, puis plus rien. Les cages d’escaliers où ne persiste que le souffle interrompu des portes ayant longtemps baillé avant de claquer. Un orage se prépare.

Prise dans la glace, dans la lourdeur de l’air, dans la pénombre d’un vent en avance sur l’été. La nuit. Je marche, un pas après l'autre sur ma pensée, sur ma pensée que je laisse la, à nue, dans les fissures des trottoirs, sur la brûlure des mots creux et de leur grands gestes dont je me suis délestée. (Toujours ça de pris sur l’arrogance de Saint Germain, de la rue de Rennes ; leur grâce rendue grise par la banalité de ce qu’on vient y chercher la journée). Dans le reflet d’une vitrine, une petite ampoule grésille. Je la regarde au loin, elle me touche le bras, à peine, mais comme si la timidité de son geste était assez forte pour emporter mon corps entier dans une étreinte innommée. Peser ses mots, c’est être seul. Et c’est la nuit qui grésille sur l’équilibre de notre silence, notre conversation rendue à la justice de la rue, à la lumière de la roche usée, des goudrons secs et des odeurs qui battent en retraite à mesure que l’on approche. Lever les yeux au ciel et croire que sa fixité nous provoque. Un éclair. Serrer le point sur l’espoir de trouver le point culminant de notre parcours, le chemin ou son détour, avant d’apercevoir (et recevoir) le vide dans nos mains. Ombre blanche sur le regard qui acquiesce, gestes irraisonnés vers celui qui interroge, calme sur celui qui fuit mes paroles. Je ne peux lui rendre son geste car Ma dame a trois visages. Chacun leur tour, ils me sourient, me tiennent au défi de leur livrer l’histoire que la pluie raconte aux vitrines, à nos paumes et à nos pierres. Se (re)tenir dans les coulisses du soir, une silhouette stupéfaite, un corps obnubilé par quelques idées fixes et ne voir en elles rien d’autre que le sentiment d’un éternel recommencement, de la profonde satisfaction de contrer les mêmes courants, de dessiner les mêmes contours et s’entêter devant les mêmes carrefours ; ne voir en elles que la certitude volatile d’avoir changé.

jeudi 26 avril 2007

à l'ombre


…à l’heure où au ciel qui brûle, contente et qui par sa beauté nous rend muet, il n’est d’autre alternative que l’ombre et son reflet : la parole profonde de qui reste seul dans l’écho d’une journée qui n’en fini pas de recommencer. Pensive et sombre. A l’ombre.

Comment dire autrement. Primo Levi a passé le printemps de sa vie dans l’hiver des camps, à compter, à calibrer, à peser les pierres que le chimiste qu’il était connaissaient par cœur. Compter pour ne pas comprendre quand vient la marche, quand vient la musique qui tord les sens et la raison, les pas qui ne font que fouiller la boue pour y noyer les âmes. Agrippé à nulle autre réalité que celle de la roche, ainsi, il s’est sauvé. Pas une fois Primo Levi n’a écrit la peur. Et c’est pour cette unique raison que, démentie, ignorée, oubliée ou tout simplement crue sa parole est toujours juste:

« (…) le succès et l’échec, tuer la baleine blanche ou fracasser le bateau ; nous ne devons pas nous rendre à la matière incompréhensible, nous ne devons pas rester assis. Nous sommes ici pour cela, pour nous tromper ou nous corriger, pour encaisser les coups et les rendre. Il ne faut jamais se sentir désarmés : la nature est immense et complexe mais elle n’est pas imperméable à l’intelligence ; il faut tourner autour d’elle, la piquer, la sonder, chercher un passage ou s’en frayer un. »

Le système périodique, Nickel.

***

Cette pièce est faite de telle sorte que d’où que l’on arrive, où que l’on passe, les quelques pas pourtant mesurés que l’on fait nous amènent toujours à prendre la place de celle venu nous parler, nous amènent à nous tromper. La lumière est douce, elle replie les genoux sous sa robe blanche. La quiétude palit son visage. Dans l’entrebaillement de la fenêtre un petit froid, un qui vous court dans les mains, vous retourne la tête et balaie la voix que l’on est venu entendre. Un sourire et son visage s’éprouve, derrière la plénitude et la lumière, une ombre lunaire, un regard vieilli. Et puis s’entendre dire des vérités, à moitié assoupie ; couchée sur la jutte, appuyée sur cette hanche que le tissu nous fait gratter jusqu’aux os. Pas de trêve, des sursauts de conscience qui me tombent des yeux, me roulent dans le ventre et une fois à terre plus rien, plus rien qu’elle qui me fixe de son œil aérien. Elle plante sa voix dans mes espoirs, et du geste de l’Ange m’indique que mes horizons ne mènent nulle part.

mercredi 25 avril 2007

Jardin Royal



Des jardins suspendus à portée de terre, des sabots affolés qui tonnent comme s’inclinent les cornes de chevaux lachés vers l’horizon et le souvenir qu’un jour j’ai écrit "l’ennui ne ment pas" voilà quelques unes des images aux altitudes à plats qui me courrent dans la tête, dans la tête et ne s’arrêtent pas. L’ennui ne ment pas.

mardi 17 avril 2007

Vert-ige

L’envie de tomber à la renverse, entre soi et le dossier de la chaise des journées passées à penser ne garder que le murmure lacif du bois qui se tort, dandine et craque (une autre brêche dans le temps). S’étendre sur la moquette, sur la patine des nuits pleinent des étés que l’on rêve puis étendre les bras parmi les pétales, tendre la gorge à l’ombre d’un bouquet qui déborde à dévorer son vase. Dormir sur des troncs d’arbres retournés dans le sable…mais rien à faire, la chaleur sur la nuit qui lutte dans nos paupières, rien à faire contre l’œil qui fixe droit devant un pistille incandescent.

mercredi 4 avril 2007

Après la nuit

Je me réveille tranquille et stupéfaite de voir qu'à côté de moi l'oreiller est toujours en place, prêt à accueillir, comme la veille, une ombre, la mienne. Je me retourne, sourire aux lèvres, je joue. Je joue à celle qui n'a rien vu, je fais semblant et regarde droit dans les yeux la lumière des matins cotonneux. Je joue au jeu des souvenirs qui s'enfuient - comme tes gestes me suivent. Je tâte : compagnie tendre mais inutile, bête et froide, et pourtant docile, qui aurait repoussé sur un corps raidi par le flot de pensées incontrôlables, les bras de la nuit. Longue et lente, la nuit alanguie jusqu'à ... non, la nuit épargnant plutôt l'endroit où mon ombre n'ose plus, où mon ombre n'ose pas prendre ta place. Je m'étend, me prélasse, ferme mon oeil irrésolu et pose ma main délaissée sur les petites habitudes ternies par le va et vient de cette nuit, par la couleur moite et amère du rêve que tu ne saura jamais. Je te sens, je te tais, me lève et te fuit le temps que reste sur l'oreiller encore tiède de cette nuit ressassée, ma mémoire assoupie.

mercredi 28 mars 2007

Aller-Retour

...trois jours que je cours les routes et compte les rails, des roues dans la tête et les idées clouées à la cime des arbres déplumés.
Pleins phares sur le ciel voilé, pleine nuit en plein jour. J'ai les objectifs décentrés.
Mais après tout, c'est toujours ça de gagné sur les pas mesurés, sur les panneaux qui nous grignotent le bout des pieds.
Impossible de s'arrêter.
Je tire le fil de mes idées sur la langueur des trottoirs, sur les voies où ne règne que l'ombre de vos temps d'arrêt. Je vais sans me soucier sur des voies, vides comme la Lune est ... sanguine
...trois jours. Et je roule, et je cours au rythme de mes obsessions volatiles.
Pleins phares et légèreté, c'est toujours ça de gagné sur le silence de la page blanche...
Paix.

lundi 26 mars 2007

Conversation-2




Quelques mots nous attendent encore ici, rieurs et ridés des folies devant lesquels l'instant conscent à s'incliner. Que reste-t-il du pouvoir que chaque soir une autre absence nous contraint d'exercer ? Appeler, pour ne jamais répondre, mais s'accrocher à la force fébrile d'une note que l'on nomme Unisson. Posons nos points fatigués sur le creux de la nuit et calmement, attendons. Attendons que se rallume le bel écran de mot fuyants. Main froide sur la ville. Le balcon qui décompte les aspérités du vent, le calme derrière les fenêtres, le calme de la paume alanguie contre le verre espion, la rage amie de celui qui nous contemple, de celui qui ment, de celui qui ne voit derrière nos appels que la face informe de l'horizon. De l'autre côté de la rue, surprendre les pas d'une danseuse éperdue ; toujours assez folle pour tendre son visage à la vue des rayons d'un soleil prisonnier des sentiers battus. Mais toujours nos poings sur le creux de la nuit, sur le calme du ciel, sur l'illusion, sous le mur du son. Le corp battu, rincé, irradié par nos gestes sourds Mon amour.

vendredi 23 mars 2007

Hasard




"Je porte en mon coeur


Comme un coffre que l'on ne peut ouvrir


Tous les lieux où je me suis trouvé


Tous les ports où je suis arrivé,


Tous les paysages que j'ai vu à travers les fenêtres ou les hublots,


...


Et tout cela déjà tellement grand, est bien peu comparé à mon désir."


Fernando Pessoa


Quelques mots extraits de la lettre d'un grand ami vivant assez loin d'ici. Un message fortuit. Et pourtant...




mardi 20 mars 2007

de Prêche et de Fureur




Ils étaient dix, ils étaient cent, ils étaient là.

D'abord renoncer à comprendre le geste et le visage de ceux qui ont usurpé nos sens ce soir là. Avouer enfin que nous y consentions. Tous, le souffle court, la parole par dessus les épaules, contre le feu de la nuit tombée - sonore - puis,...

Monter ces chevaux domptés par la corne qu'ils lèvent seulement lorsque, nous, gardons les yeux fermés. Les paupières lourdes sous les sabots en furie. Et c'est ainsi que l'on compte, que l'on compte les petites mains, levées vers des ciels de ferrailles et de lumières brûlées, les ciels multiples, des ciels déguingandés. Garder les yeux fermés. Désarçonner. Lune, laiton et néons déversants la parole sacrée. Ruer à l'envers des lois qui font que le sol tient encore sous nos pas. Hurler. Hurler aussi vite que l'on écrit et suivre au grand galop la parole qui mobilise les 10 échos. Jeter l'ancre dans les reflets éclectiques de leur Black Mirror. Tenir la marche et garder assez de force pour que résonne encore dans nos paumes le souvenir naissant de ces Ocean of Noise. Mais qui tient encore la cadence? Wake Up et Avance! Marcher aussi vite que l'on écrit les voix liquides et les cris inAaaaccomplis. N'attendre qu'une chose: que le Livre s'ouvre, que l'Ecriture des écritures rue à nouveau sur la glose inutile des hommes assis.
Et seulement alors, dire à ceux qui nous ont vu, "Que la nuit n'oublie jamais ceux qui sont passé sous les Arcades de Feu".


mardi 13 mars 2007

Trouver sa voix...




...mais comment faire pour ne pas tout ramener à soi? Poser la paume sur cette terre là.

La terre que l'on connaissait bien, que l'on brassait ou buriner parfois, la terre que certains appeleront sur notre parole desséchée la fin d'une ère... au coeur de tout ça, que du fossile, que du volatile. Et je n'en veux pas.


Bon sang, faire simple. Et faire tout simplement que sur le fil tendu à perte de vue, les espaces vastes et laches - gardés par l'ombre des fautes à moitié pardonnées - ces espaces que sont les "passades" deviennent des passages, passages entre les lignes de nos mains blanchies.


Merci lili.

lundi 12 mars 2007

Trouble




Sur ce trouble supposé bouleverser mes sens et dont devrait précisemment tenter de se saisir le dessin de l'écriture, je mens.


J'ai la silhouette gracile mais la main noircie. Je danse à pas de loup sur la pleine page blanche, je mens.
Attendre que viennent à soi les moyens faits de gestes que la pensée agite comme des pantins, et qu'elle berce sous les trois lumières de la première matinée. Aube aura aube aura, l'heure des oraisons... et du trouble qui cogne au bout des doigts, comme la peau vide d'une calebasse à nouveau vivante, rampante et venue se clouer juste sous nos pieds. Mais, là-bas, déjà, la roue s'est arrêtée devant les grands jardins qui dans leur solitude rendent grâce aux néons rivaux que peine à chasser le soleil. Et la roue, la roue gentille qui balade les heureux de la saison, leurs bras jetés vers le sommet, mollement offerts au ciel glacé.


Et bien cette roue mime la position du menteur.


Sa belle aura ne se regarde que d'en bas. Du haut des nacelles, il est interdit de se retourner, de regarder par dessus bord, par dessus l'épaule afin de ne pas voir qu'à la gorge des lampadaires et bien loin du sol, bien loin de la terre, certains, pendant que les autres applaudissent, battent au rythme de la musique qui fige les petites mains froides qui se frottent et s'agitent pour rien.

samedi 10 mars 2007

Certains diront...

... que cette route est longue, qu'il faut l'éviter, la prendre à rebours, ou même l'oublier (je suis de "ceux-là" parfois...). J'attend et m'incline simplement devant l'évidence : Que chaque pas me serve d'introduction. Je quitte ma chambre pour traverser le chantier, pour regarder encore l'envers de mes mains qui recouvre l'éclat du miroir brisé. Je garde sur le poignet à peine assez de place pour y poser le profil et nouer en serrant les dents le petit bracelet qui m'a était donné. Et enfin prendre ce qu'il appèleront "la fuite en avant". Je ne dessere pas les dents et feins sans avoir à le dire - sans avoir à trahir - de me trouver là pour la première fois, à l'étage des planches renversées sur un dôme fait de petites aspérités. Derrière, il y a ta porte, et contre celle-ci ton empreinte, et à l'ombre de celle-ci encore, ta lettre et ses trois K.
Voilà la silhouette timide d'une parole que l'on force à se mettre à nu, à coup d'écarts, à coups de guidon et de temps perdu. C'est ici qu'elle commence et qu'elle se serre déjà tout contre son but vissé dans la chair mais encore si froid. Elle reprendra ici quand à chaque nouvelle fois correspondra un pas qui nous éloigne pour nous conduire, à penser sans le dire que ce n'est pas une sortie que l'on trouvera là.