vendredi 21 décembre 2007

Panorama 28 - Aurora


à toute heure de la journée, lovée dans les intérieurs glacés

mercredi 19 décembre 2007

Volte-Face


trois heures de sommeil
trois coups d’ailes qui se dessinent dans le ciel –

L’adieu au signe

« ... à l’ombre de mes lubies et de mes utopies la capricieuse nostalgie »
Berlin sur son sommeil d’hiver.

mercredi 12 décembre 2007

Panorama 27 - On est pas sérieux quand...


"Encore un jour de pluie que cette fois je surplombe, un ciel clair, un corps creux, la tête entre deux feux. Savoir où l’on est, savoir dans quelle paume la main s’est posée. Mon ami, ton visage n’a laissé qu’un flou, l’espoir de te revoir, de toucher à nouveau la dignité de ta peau comme tenter, seulement, d’apprivoiser l’ombre des fous. Car c’est derrière cette ombre, mon amour, que tu as délié nos horizons. Le soleil brûle sous mes pieds, et maintenant que je sais pouvoir te garder, du bout des doigts qui compt(aient) les longs mois, trois fois, rien, qu’un geste de la main, à peine, nous retient. Oswięcim – Rękawka, maintenant mon amour , il est temps de tout raconter : "

Promesses évitées

On est pas sérieux quand…

lundi 10 décembre 2007

Panorama 26 - Contrepoint


A la croisée des mondes – le cul sur la chaise – le cœur à l’écran – la main blanche agite l’hésitante et lancinante envie de rouvrir les vieux carnets.

Comment faire lorsque l’intime prend toute la place, lorsqu’aux yeux de ceux qui nous croisent, il n’y a plus que le costume, tel le masque, la tête à grimace des responsabilités qu’à un moment donné chaque homme se doit de porter, comment faire lorsque l’intimité s’adapte trop bien au jeu social, comment faire quand le joyeux bordel, quand le jardin secret des enfants devient le terrain d’échange de l’adulte cachant comme personne qu’il ne mérite pas encore, pas encore, pas encore le nom qu’on lui donne ?

Il y a un an, devait s’imposait une mise au point qu’il faut aujourd’hui reprendre. Ne pas oublier que toujours, tout est à reprendre. Les voyages avaient commencé ici, ici où aujourd’hui je m’apprête à repartir vers les « là où j’avais vécu », là où le pas guidait la tête sur les balises de quelques petites envies, là où j’avais laissé à l’ombre de mes lubies et de mes utopies la capricieuse nostalgie. L’été derrière moi, je reprend la route à la découpe d’un ciel atone, je défroisse la page pour y suivre les lignes blanches. A l’envers de la nuit, sous le lit, je vais voir un peu plus à l’Est de mes silences

lundi 5 novembre 2007

dimanche 28 octobre 2007

Panorama 25 - Soliloque

Le 26 octobre, à l’heure atone et tranquille des digestifs qui apaisent l’armada de cafés de la matinée écoulée, Libération posait un temps fort entre deux articles de poid, de fond (mimant l’« idéologie » d’une édifiante fiction) en annonçant : Apprenez le Grec et le Latin au lieu d’étudier le Marketing, vous pourrez ainsi peser sur le monde de manière inattendue. De manière inattendue… de manière inattendue… le son des couverts qui brillent, des torchons humides, des machines qui s’endorment à l’envers des vitrines aurait pu répondre comme suit : Les prophéties de notre époque seront anecdotiques ou ne seront pas.

Journée passive passée à penser à la lumière de tout ce que j’ignore, ne vois pas, ne sais pas, n’entends pas et connais pourtant sur le bout des doigts - ce rythme que j’épouse à chaque pas et que je perçois alors pour la première fois...et voilà que cet antagonisme de fond de bar me fait revivre…

..l’envie d’ajouter au brouhaha tranquille, diaphane, lancinant sur le galop du cadran figé par chaque client qui lève la main sous le ventilateur au souffle lent…à chaque commande passée me vient l’envie d’ajouter que l’éloignement du monde n’est que mission à son égard, l’oubli de ses lois est le fruit de leur connaissance profonde, pour être dépassés les carcans de la norme doivent être éprouvés, qu’aujourd’hui le monde sait, qu’il doit agir, qu’il doit bouger, qu’il a trop engrangé, amassé, rempli des caisses de blé désormais bon à brûler avec les clichés du pragmatisme et de la prospérité. Une table époussetée, le chauffage augmenté d’un ou deux degrés, il est des constats qui vous installent au fond du sofa.

…il y a tellement de vies par là, de vies pour rien, de vies qu’on ne jugent tout simplement pas parce qu’elles ne nous retiennent pas, d’autres qui comme moi suivent le flux, suivent la masse dont ils préservent pourtant chacun de leur pas, chacun de leur choix, d’autres qui comme moi roulent et usent la rue que l’on rêve renversée, déracinée, arrachée au rêve que l'on fait le regard immobile sur l’envers des vitrines, le regard dans les paumes retournées, bien décidé à payer de son silence l’impardonnable innocence des passants qui passent pendant qu’on pense…

Latin grec savoir ancien image marketée d’ésotérisme liophilisé 30 millions de consommateurs à l’éthique breveté le feu des pensées dans une souche attendrie par la pluie tâter la pâte molle la pâte fraîche à tâton à l’ombre des forêts de la reine Kawase tâter les prémisses d’une existence perdant totalement l’esprit qui la pense…

L’éternel Retour

Berlin – géographie précise de mes utopies – pour ta folie appelée Gomorrhe, je te baptise Rome contre ton oubli… Je ne t’ai jamais pensée, jamais réfléchie, je n’ai jamais fait que te sentir à nu sur ton pavé brisé par les racines des arbres qui m’abritaient et au cœur desquels, peut-être, subsiste encore l’espoir de nos mémoires vierges (?)

Pour l’heure, j’espère juste que je ne regretterai pas mes choix pris dans le cadre de cette liberté défendue, attendue qui aujourd’hui se contente de me regarder vieillir.

samedi 20 octobre 2007

Cirque

Je rentre, à la lumière naturelle du beau milieu de la nuit, je ferme les rideaux, je m’approche du lit, le reste d’un rêve, je ris, le rêve de cette nuit : dortoirs, pièces à tuyaux qui rouillent, râles matinaux, carrelage en flaque – Seine Angst weg duschen – écho qui cogne dans les murs, juste sous moi, sous mes pas, sous l’eau, le souvenir d’un tempo…un tempo qui n’en finit jamais de frapper, à la porte, chaque fois quand, je rentre, à la torpeur artificielle du beau voyage fini, je m’approche du lit, je garde ma robe, je rêve, je ris, je rêve, une goutte qui n’en finit pas de tomber sur la petite musique de nuit, et m’indique que le jeu n’est pas fini