jeudi 17 avril 2008

ton nom

L’heure close – l’heure de dormir – face à la nuit qui ne devrait être qu’un profond soupir – faire courrir dans les doigts sous les draps l’envie d’écrire – des gestes tachés de blanc à vous ronger les sangs - les doigts dans la gorge pour aller y chercher la nécessité de te dire - doigts d'encre - ta peau - silence jusqu'au fond des os - tu dors - doigts d'encre sur la maladresse des anges - des aveugles qui hélent – élans d’un corp alongé - anonyme - sur le A de ton nom - inacessible - braillement de la bouche en grand – ouverte où l'encre verse le passé des petites manies – des passions dévorées - doigts d'encre au fond de la gorge - quelque chose à aller chercher - quelque chose à arracher – qui cahote le chaos par la patte branlante de lettres perdues dans les mots - la douceur des gestes - de ce monde - par l'encre des bouches ouvertes et muettes qui ne font que diluer le ciel sur du papier froissé - des mots qui vrillent nos merveilles – à l’ombre profonde de son sommeil

I see who you are

mardi 1 avril 2008

day in + day out



en ce moment je passe mon temps à chercher la source de cette lumière qui devrait me faire avancer

day in + day out

lundi 17 mars 2008

Panorama 35 - La scène


Lorsque tous les regards se seront tendus – alors – comme prévu - nous lèverons nos verres à la fin – venue - enfin - de l’âge des premières fois
mais à ce moment là - en dehors du brouhaha - dans l’ombre des souriants insensés – prendre en apnée le reflux de la foule, la foule sur la soie des allées piétinées à longueurs de journées – tendre tout entier vers l’écho qui arrache à notre pénombre tamisée, le pas de l’homme – dans la nuit – dans les rues - à l’aveugle - à l’envers - jamais perdu

Levons nos verres - encore - sur nos coupes déjà pleines - les assiettes abandonnées à leurs montagnes de mets - de restes - de miettes d’heures de gloires - épuisées - vidées de leur esssence - la peau rance de nos rêves susurés – censurés - et de nos gestes calculés – levons nos verres à cette marche silencieuse et droit vers nous - dépossédée de tout – sauf d’une chose - que nous lui demanderons - espérons - lorsque l’intimité qu’au prix du reste nous avons perdue- nous sera une dernière fois accordée
silencieuse – invisible – invincible – irréversible
Une fois les verres vides – à cette heure là - quand il n’en restera plus d’autre - quand même le plus beau d’entre nous se laissera abrutir par la nuit qui sur sa route emporte tout emporte tout – faisant de chacun de nous le convalescent du jour qui vient – désirant et ignoré

à cette heure là, n’oublions pas l’écho unique de l’homme qui marche sur la cérémonie - la cène ironique et solitaire de ceux qui ensemble lèvent leur verre - à cette heure là - à l’heure de notre dernier repas.

jeudi 13 mars 2008

Le rêve de cette nuit


Par a-coups – à cloche pied – avancer – tendre les bras dans de grands métiers à tisser – dans le corps des villes – vers les maisons hantées – faire claquer derrière soi les portes de cette époque – rêver

Ne pas y croire – une ombre épiée derrière la fenêtre – vue - dans le coin de l’écran, dans la nuque des passants avant même que l’heure prévue nous l’ait apportée – il fait encore clair pourtant – vue, puis – non – la place ne se fige pas – rien ne bouge – rien ne change – le serveur continue de serrer des mains de sa main mouillée - on ne nous écoute pas – elle – me parle - doucement –elle prend le temps - il fait encore clair pourtant – et puis conscience d’une habitude - d’une évidence - comme - la présence de ma compagne - toujours en avance sur la venue de l’amant – en face – maintenant - peut-être m’attend – ne pas y croire pourtant

L’orage de cette nuit – dans la chambre des invités - les fenêtres ouvertes sur la pluie – le ciel qui parle à mes rêves et court sur le palier